Archive: juin 2013

  1. Marie-Josée Thériault, un retour à la chanson

    Lors du vernissage du 4 juin dernier, nous avons eu le plaisir d’entendre la chanteuse Marie-Josée Thériault, invitée toute spéciale de l’Orchestre tzigane de Montréal.  Pour faire plus ample connaissance avec cette artiste aux talents multiples, voici quelques lignes tirées de son parcours biographique.

     

    Carmen Picualeta, Marie-Josée thériault

    Dans le passé, elle fut pendant de nombreuses années danseuse de flamenco, chanteuse populaire, chroniqueur littéraire à la radio et dans les médias écrits, directrice littéraire et directrice de la production aux Éditions Hurtubise HMH.

    Au présent, elle est écrivain, biographe de son père (l’écrivain Yves Thériault, décédé en 1983), traductrice et directrice fondatrice des Éditions du dernier havre.

     Mais la vie est un éternel recommencement et, toujours, «ce qui fut sera», comme le disent certains contes de la tradition moyen-orientale. Elle est donc redevenue chanteuse. Dans le bonheur total et sous l’aile bienveillante de Carmen Piculeata, elle réalise enfin son rêve le plus tenace : chanter au sein d’un orchestre tzigane…splendidement fougeux!

    «Je vais mourir comme tout le monde, dit-elle, mais ce ne sera pas d’ennui.» 

    m-j Thériault et orchestre tzigane

     

    Carmen Picualeta, au violon et à la direction de l’orchestre en compagnie de Marie-Josée Thériault. Un spectacle flamboyant et  intense à voir et à revoir pour le plaisir et pour entrer dans la danse…

    Pour suivre les activités de l’Orchestre tzigane de Montréal :
    www.orchestretziganedemontreal.com

    Texte: Madeleine Vallée
    Photos:  Pierre Crépô

  2. Je suis la force de l’eau

    Je suis torrent,
    Je flatte le ventre du vent,
    Je suis rivière,
    Je serpente par delà les hautes terres,
    J’abreuve les lits solitaires,
    Je les caresse avec allégresse,
    Je suis goutte de rosée,
    Je suis à déguster,
    Je m’élève contre les barrages,
    Je suis tendre, doux et de rage,
    Je suis fleuve,
    Contre vents et marées,

    J’emplis tous les espaces,
    Je m’infiltre là, même dans l’impasse,
    Mon débit ne s’arrête jamais,
    Aucun creux ne me résiste,
    J’emplis d’abondance,
    La sécheresse de tes rêves,

    Je suis la goutte qui fait déborder le vase,
    Je suis la gorgée qui apaise ta soif,
    Je suis la douceur,
    Qui humecte tes lèvres,
    Je suis le courant,
    Qui t’emporte là, devant,
    Sans jamais regarder derrière,
    Je capte ton lointain passé,
    Pour le fracasser contre la grève,
    Je suis la force en paix,
    La tranquillité qui t’apaise,
    Chaque goutte que je déploie,
    Deviens un jeu pour toi et pour moi,

    Je suis un océan de paroles,
    Qui trop longtemps a retenu sa langue frivole,

    Je suis la mer qui dévore,
    Qui engloutit toute trace de mort,

    Toute ma force te fait renaître,
    Avec moi la vie ne s’arrête jamais,

    Avec toi je suis raz-de-marée,
    Force et vitalité,
    Prêt à tout recommencer,

    Je prends un coup,
    À ta santé !

    Wart, 22 février 2013
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  3. Émergence: un vernissage mémorable

    Mardi le 4 juin avait lieu le vernissage de l’exposition Emergence au Monument-National. Plus de 200 personnes ont participé à cette splendide soirée où les toiles de Baudoin délogées de l’atelier rue Frontenac sont venues habiller de leur vivacité les murs du Monument-National. Voici la fête en quelques photos.

    photo Claude Chamberland

    Baudoin en compagnie de Claude Chamberland, du Festival du Nouveau Cinéma, qui revenait tout juste de Cannes où il a visionné le dernier  film d’Alejandro Jodorowski. Ce grand spécialiste du cinéma qualifie le film de Jodo “La danse de la réalité” de chef d’oeuvre.  Vivement sur nos écrans…

    Baudoin au micro

    Baudoin raconte quelques bribes de son parcours artistique et adresse des remerciements à son entourage, sa famille et à Alejandro Jodorowsky. Il a en main son petit carnet noir où il avait annoté la poésie des titres choisis par Jodorowsy. Une anecdote et surtout une rencontre décisive et inspirante à l’origine de cette lancée.

    Carmen Picualeta, Marie-Josée thériault

    La belle voix chaude de Marie-Josée Thériault a su charmer l’assistance

    Assistance

    Intérêt pour le noir n'est pas la mort

    Parmi les toiles exposées, celle-ci intitulée Le noir n’est pas la mort suscite toujours beaucoup d’intérêt. Au départ, Baudoin avait titré son oeuvre la mort n’est pas noir, mais il préfère la version de Jodo qui exprime plus clairement que la mort n’est pas une finalité, mais une continuité évoquée par la luminosité de la couleur violet

     

    Avocado dans le ton

    Le traiteur Avocado était tout à fait dans le ton. Voici une des hôtesses de la soirée dont la coiffe et le maquillage s’harmonisent avec le tableau Pardon maman.  Le titre initial de cette toile était effluves de houblon. Une tournure symbolique toute particulière. L’art n’a-t-il pas des vertus thérapeutiques ? Ce serait même sa fonction première selon Jodo.
    Devant Baudoin, on retrouve Samuel le plus jeune de ses trois fils.

    Invités

    Carmen Picualeta

    L’Orchestre tzigane de Montréal sous la direction de Carmen Picualeta…un violoniste éblouissant.

     

    C.Chamberland, Philippe Martin et Suzanne

    Une discussion entre Claude Chamberland, Philippe Martin de la Fabrique de Blogues et Suzanne Lortie de l’école de médias de l’UQAM

     

    rock guertin, sylvain champagne, Paul beauhemin

    On voit ici Me Rock Guertin, avocat, Sylvain Champagne de la Boutique Décor et Fleurs, Baudoin et Paul Beauchemin CA, de la firme Beauchemin Trépanier

    francois gourd et bob olivier

    De vieux complices: François Gourd, Baudoin et Bob Olivier

    Collaborateur

    Baudoin entouré de quelques proches collaborateurs, Bruno Boutot, moi-même Madeleine Vallée et Danielle Gingras de Origine Art Studio

    Prochain rendez-vous: lundi prochain le 17 juin. Baudoin sera présent sur les lieux de l’exposition de 17h00 à 20h00 à la salle Scène Financière Sun Life du Monument-National. Une belle occasion de voir ses oeuvres et de le rencontrer.

    Texte: Madeleine Vallée
    Photos: Pierre Crépô

  4. Wart est revenu de la montagne magique

    Baudoin dans le cadre

    « L’art ouvre des mondes, nous révèle des choses invisibles, invente des cosmologies, explore la conscience et rend parfois palpable la mystérieuse magie du monde. » Jerry Saltz, 2013

    Enfant, Baudoin voit l’aura des arbres et perçoit les rythmes alentour. Des années passent avant de réaliser que tout le monde n’a pas les mêmes antennes. .Aujourd’hui, toujours propulsé par les énergies qui le traversent, Baudoin Wart les explore et les habille d’images, de sons, de gestes.

    C’est l’histoire de son trajet pictural, mais aussi musical, poétique, gestuel et social. Il couronne ses études en Arts à l’Université de Montréal par un happening qui joue de toutes les formes d’expression alors disponibles : peinture, danse, poésie, vidéo, sculpture, musique, sérigraphie, interaction, photographie.

    Depuis toutes ses actions et ses réalisations artistiques et professionnelles passent par ce prisme, dans chaque discipline qu’il aborde. Mais la peinture demeure sa base, sa pratique et son ancrage visuels.

    Dès 12 ans il remplit des cahiers de dessins avec tant de talent qu’on lui offre toiles et peintures à l’huile. À 14 ans il remporte un concours de dessin. Chacune de ses révélations artistiques lui permet ensuite de conquérir de nouveaux champs de liberté.

    Avec Pellan, c’est avec un immense soulagement qu’il se libère du réalisme, au moment même où il maîtrise la photographie. De Riopelle, il apprend la liberté du geste qui est devenue une des clés de sa peinture. Lors d’une exposition de Picasso à Berlin, il est ébloui par la variété des médias qu’utilise l’artiste: de la toile au fer, du bronze, au bois, à la céramique, toute matière devient matériau. De Beuys, enfin, il découvre l’art relationnel, la proximité et l’interaction avec le public.

    Punk à l’époque où c’est une révolte, il participe aux débuts des mythiques Foufounes Électriques; il crée des happenings, joue de la batterie dans des concerts, participe aux « Peintures en direct », invente de la restauration, collabore avec de nombreux artistes en musique, en arts visuels, en danse; il enregistre des dizaines d’heures de bandes sonores et de vidéo, prend des centaines de photos, peint des toiles géantes, fait et pose des affiches pour ses spectacles et ceux de ses amis…

    Et là, tout s’arrête.

    L’affiche le dévore.

    « Cappiello transformait la rue en une galerie de tableaux. L’art venait au passant. » Éditions Romaines, 2010

    En fait, rien ne s’arrête : Wart continue à peindre, à danser, à écrire des poèmes, à explorer les rythmes shamaniques. Mais l’artiste sort de scène, disparait aux yeux du public : il est devenu galeriste.

    Sa galerie : les palissades de Montréal où, avec ses acolytes, ils s’imposent comme les meilleurs. Wart traite chaque affiche comme si elle était la sienne. Il exige de l’ordre, de l’harmonie, de la mise en scène. À travers les années, pas un artiste, pas un auteur, pas un musicien, pas un danseur, pas un acteur à Montréal qui ne se soit reconnu, ému, sur ses cimaises. Et quand vient le moment de faire légaliser cet affichage sauvage, tout le milieu culturel montréalais appuie sans retenue celui des siens qui veille à ses images.

    Vingt cinq and plus tard, cette œuvre gigantesque fait en 2012 l’objet d’un livre et de quinze expositions. Évidemment, le galeriste est aussi conservateur, d’abord en gardant précieusement les affiches qu’on lui confie, ensuite en les transmettant à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

    Mais entretemps, son entreprise en de bonnes mains, il est parti construire un autre happening social, qu’il appelle « le Loup vert » : un éden champêtre, un royaume de verdure, un lieu de ressourcement collectif en accord avec la nature. De terre en terre en bordure de rivière, il acquiert, évidemment, une montagne. Magique. Huit années y sont consacrées. Les documents qui témoignent de cette étonnante utopie feront un jour, à leur tour, l’objet de publications et d’expositions.

    « Au moment de déposer le pinceau, l’œuvre n’est pas finie: elle commence. C’est la réaction du public qui lui donne un sens et une valeur. » Banksy, 2012

    Lorsqu’Alejandro Jodorowsky vient à Montréal à l’invitation de l’Université de Foulosophie, Wart est de retour en ville. Comme chaque année, il aide François Gourd et Armand Vaillancourt à organiser l’événement. Il ne faudra guère de temps à « Jodo »  pour qu’il demande à son « chauffeur » de lui montrer ses œuvres. Immédiatement inspiré, Jodorowsky en baptise une vingtaine mais, plus important, il persuade Wart de revenir au public, de sortir l’artiste du placard.

    Le lancement du 4 Juin avec les toiles nommées par Jodorowsky marque son retour sur scène, mais ce n’est bien sûr que la pointe de l’iceberg. D’autres expositions et publications suivent, avec des projets collaboratifs et collectifs.

    Au-delà de Beuys, la pratique artistique de Wart est contemporaine dans ses interactions sur tous nos médias. En chair et en os comme sur le Web, il inclut les membres de son public : des œuvres sont créées à la portée de tous, des espaces immersifs nous accueillent, l’artiste est présent, les interactions créent de nouvelles œuvres dont nous devenons les auteurs.

    Un artiste est revenu parmi nous. C’est désormais à nous, comme nous l’a montré Jodorowsky, de saisir les visions de Baudoin Wart afin qu’elles nous transportent.

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    Par Bruno Boutot
    @boutotcom